Mon journal dans la grande pagaïe / Libretto

Lundi, 7 Août, 2017 - 11:31

de Jean-Galtier-Boissière - 1946-1950...

Il s'agit du témoignage de Jean Galtier-Boissière, fondateur du journal satirique « Le Crapouillot », sur les heures troubles de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Une lecture indispensable pour compléter votre perception des événements politiques qui mêlèrent dans des luttes fratricides, partisans du général de Gaulle, et combattants du Parti Communiste. Avec le recul, et l'indépendance d'esprit nécessaires, Jean Galtier-Boissière nous permet de comprendre la puissance du Parti Communiste dans ces heures dramatiques. Comment, ne pas penser à l'arrestation par la Gestapo de l'anti-communiste, Pierre Brossolette, dont on peut se demander, si son suicide ne fut pas une ignoble exécution. Pierre Brossolette savait qu'il serait difficile de contenir les forces communistes emmenées par Maurice Thorez (auquel, il fut souvent reproché d'avoir déserté) et, par Jean Moulin, assisté par son secrétaire, Daniel Cordier, dont nous savons désormais qu'il était en réalité, son petit ami. Jean Galtier-Boissière pose la question du chemin emprunté par Maurice Thorez, pour se rendre de Chauny, dans l'Oise (où, il était affecté à une compagnie de navigation fluviale) à Moscou ? Une énigme irrésolue ? Ce qui ne nous étonne pas. Les communistes, de nos jours, sont toujours aussi manipulateurs, et dangereux. N'a-t-on pas entendu, l'inconséquent, Pierre Laurent, leur premier secrétaire, reconnaître les mérites de la pseudo victoire électorale de Nicolas Maduro, au Vénézuéla ? Quelle abjection ! Nous ne sommes pas bien loin de ses jours sombres, où, les délateurs occupaient les allées des pouvoirs opposés dans une guerre civile qui refuse, aujourd'hui encore, de dire son nom. Jean Galtier-Boissière s'interrogeait sur le rôle réel de René Hardy, présenté comme le traître, dénonciateur de Jean Moulin pendant la réunion dans la maison du docteur Frédéric Dugoujon, à Caluire, près de Lyon. Défendu par Me Maurice Garçon, René Hardy fut acquitté, en janvier 1947. Quelqu'un tirait-il les ficelles de la marionnette René Hardy ? Jean Galtier-Boissière revient sur l'affaire René Hardy, si importante désormais, pour comprendre le sort dramatique réservé à Jean Moulin : « Il y avait deux clans ennemis dans la Résistance : le gaulliste et le communiste. Les « cocos » accusent l'antistalinien Hardy, très ambitieux aventurier, de s'être débarrassé du clan communiste en livrant à Calluire ses chefs aux allemands. Hardy lui même reconnaît qu'il n'a pas été torturé. Comment expliquer ses deux dépressions successives, devant les allemands en 43, devant les policiers français en 46. Tout est étrange dans cette affaire. » Notons que Jean Galtier-Boissière écrit Calluire au lieu de Caluire. Ce qu'il faut retenir de l'univers politique français dans ces instants tragiques, c'est la défaite du général de Gaulle devant les forces socialo-communistes. Il lui faudra attendre 1958, pour que les puissances de Gauche, désemparées devant la situation en Algérie, ne lui rendent dans la contrainte, un pouvoir si longtemps perdu. Pauvre France ! Où, est cette grandeur dont on nous rabat les oreilles ? C'est encore un mythe (type de récit idyllique destiné à embellir les apparences) dont les Français sont gourmands. Voir, le cas Macron. Le mythe s'alimente aussi de trahisons. Il faut rapprocher la traîtrise de Jacques Chirac, en 1981, lorsqu'il proposa à Mitterrand par l'intermédiaire de Pierre de Bénouville, d'entrer dans son gouvernement après avoir facilité la défaite de Giscard d'Estaing, de celle de ses fils spirituels : Juppé, Le Maire, Darmanin, Philippe, Bournazel, Solère, etc. Inutile de vous dire que je vous recommande vivement la lecture de ce chapitre des Mémoires de Jean Galtier-Boissière. Sinon, il est impossible de bien comprendre cette opposition violente entre les Communistes, et les Gaullistes, pendant de nombreuses années. Broché. 338 p. Format : 18 x 12 cm. 10€. Chez le même éditeur : Mon journal pendant l'Occupation, Mon journal depuis la Libération, Mon journal dans la drôle de paix...