Avant Godot / Editions Arléa

Mardi, 15 Mars, 2016 - 14:26

Stéphane Lambert, né en 1974 à Bruxelles, a écrit sur Mark Rothko et Nicolas de Staël.

Avec cet essai, Stéphane Lambert poursuit son interrogation sur ce que contient une œuvre et creuse la relation qui peut s’établir entre deux créateurs. Dans « Avant Godot », Beckett a trente ans au moment de son séjour en Allemagne en 1936. Le 14 février 1937 à Dresde, il note sa prédilection pour un petit tableau de Caspar David Friedrich « Deux hommes contemplant la lune », dont il dira plus tard qu’il est la source de son inspiration de « En attendant Godot. » Un autre tableau de Friedrich : l’homme de dos devant une mer en brume, « cristallise une matière en gestation en l’homme», et rappelle que l’existence de l’homme est soumise à une volonté supérieure. Ce sentiment de réconfort que lui procurait l’œuvre de Friedrich répondait à quelque chose de plus substantiel que le désarroi où il était plongé en cet hiver 1937  Sa lucidité à l’égard des êtres humains, n’excluant pas son empathie : Il n’y a rien de plus drôle que le malheur » (Fin de Partie). Beckett s’abstrait de la réalité inquiétante et se réfugie dans son paysage intérieur : « L’artiste ne doit pas seulement travailler son sujet, il doit être travaillé par lui ». Stéphane Lambert dans une note finale écrit que ni Friedrich, ni Beckett ne mirent fin à leurs jours, mais que le poète Paul Celan se jeta du pont Mirabeau. Il avait dans sa poche deux billets pour une représentation de En attendant Godot. « J’avoue ne pas savoir s’il faut en tirer une conclusion » conclut-il. Etonnant, non. Dans la collection La Rencontre, dirigée par Anne Bourguignon. Broché. Format : 20,5 x 12,4 cm. 176 p. 18€