Geneviève Claisse / Editions Hermann

Mardi, 12 Janvier, 2016 - 17:23

Geneviève Claisse, artiste solitaire, malgré la grande ombre bénéfique d'Auguste Herbin...

« Ecolière, j'étais déjà abstraite ». Dans la collection : Hors collection. Il s'agit du catalogue de l'exposition présentée au Musée départemental Matisse au Cateau-Cambrésis entre le 18 avril et le 20 septembre 2015. Textes de Serge Fauchereau, historien d'art, qui fut commissaire de plusieurs expositions au Centre Pompidou (Paris-New York, Paris Moscou, etc), conservateur adjoint du Musée départemental Matisse au Cateau-Cambrésis, et de son directeur, depuis 2014, Patrice Deparpe, commissaire de cet événement. Un jour, j'ai trouvé, aux puces à Saint-Ouen, une petite lithographie de Geneviève Claisse. Quel bonheur ! Elle était accrochée à une porte, au milieu de tas de fringues antiques. Elle se nomme « Scalaire » et date de 1975. Geneviève Claisse ne fut pas formatée par une école d'art. Elle écrit : « La route de la création pour les femmes est encore plus difficile que pour les artistes hommes. » A l'heure, où paraissait cet admirable ouvrage qui bénéficie de l'incontestable savoir-faire des éditions Hermann, Geneviève Claisse, née en 1935, avait 80 ans. Adolescente, elle se développa auprès d'une très grande ombre. Personne, mieux que Geneviève Claisse ne pouvait décrire l'œuvre et la vie d'Auguste Herbin. Elle reçut en 1994, le Prix Elie Faure, pour la composition du catalogue raisonné de l'oeuvre du maître de l'Art construit qui, comme le fera Geneviève Claisse, exposait à la galerie de Denise René. L'heure était encore aux polémiques. Dans l'Art abstrait, l'Art construit ne s'imposa pas sans heurts. Jeune et belle, douée du contrôle de l'expression verbale, Geneviève Claisse, dans sa peinture ne pouvait perdurer dans l'admiration d'Auguste Herbin. Elle se serait affaiblie, diluée dans le cours de l'histoire de l'art. Heureusement, nourrie d'une énergie et d'une identité indéniable, Geneviève Claisse imposa sa manière, sa signature dans des constructions, comme : Quark bleu I en 1975, Interaction entre 1978 et 1984, Condensation critique du vide No1 en 1988, Rupture de champ (plénitude) en 1992, Opérateur de mono en 2003, Sériel continu en 2001, Opérateur en 2005, Exposant critique en 2008, Rythme normé rose en 2012, Rythme alternatif-bleu/rouge en 2013, etc. Geneviève Claisse imagina un ensemble mobilier noir de bois laqué, en 1982. Elle réalisa d'admirables néons avec son sens de la poésie et de la rigueur. Ecoutons encore Geneviève Claisse qui maîtrise le silence, et la solitude de l'âme : « La création plastique n'a de sens qu'universelle, l'abstraction mène à l'expression d'une humanité unifiée. Cet univers est entier. Cet univers est complété par des conceptions, des contraintes intellectuelles transcendant les références. L'abstraction mène à l'expression infinie. » L'acte artistique prend l'habitude de se galvauder, de se vendre sans vergogne. Au contraire, l'une des qualités principales de Geneviève Claisse est une dignité exemplaire. Français / anglais. Broché, couverture à larges rabats. 208 p. Format : 27 x 26 cm. 32€.