La veille de presque tout / Actes noirs : une lecture pour l'été

Vendredi, 14 Juillet, 2017 - 18:42

Dernier roman de Victor del Arbol né à Barcelone en 1968.

Quand on a lu et adoré « La Tristesse du Samoura蘒» (2012) on appréhende d'être déçu. Puis, il y eut « La Maison des chagrins » (2013), « Toutes les vagues de l'océan » (2015). Magnifiques. Avec « La veille de presque tout », nous sommes de nouveau immergés dans une atmosphère de silence, de mystère, de remords, et de la rémanence de la mémoire. Le passé tourmente tous les jours de la vie des personnages. Un homme nommé l'homoncule, un être insignifiant qui gère une vieille cinémathèque a tué la jeune Amanda. Pourtant, il l'aimait et l'admirait : « Comment croire qu'un sourire bienveillant cache l'inconcevable. » Le 20 août 2010, l'inspecteur Ibara est appelé au chevet d'une femme qui ne veut parler qu'à lui. Il s'agit de la mère d'Amanda. Ibarra avait tué « l'homoncule » trois ans plus tôt. La scène est terrible, inoubliable. Autre personnage : Eva Malher, la fille d'un puissant capitaine d'industrie. Elle a trouvé refuge sous un faux nom dans un coin perdu de la côte galicienne, dans une pension tenue par une femme dont la fille a disparu. Victor del Arbol alterne le récit des événements qui ont conduit Eva, alias Paula à cette décision, et, le présent sur lequel plane un autre drame. Sera-t-il évité? Tous les personnages sont d'importance égale. Chacun porte sa tragédie : Une petite fille se prenait pour un oiseau. Son camarade qui a maintenant 17 ans, n'a pas su la retenir de « s'envoler » d'une falaise. Il parle à la défunte et se comporte comme si elle était toujours là. Ses parents et son frère ont péri dans un incendie. Il vit chez son grand-père, un vieil argentin, dont la femme est morte dans les geôles de la dictature franquiste. Le vieil homme entretient ses souvenirs mélancoliques sur fond de tango de Carlos Gardel. Il y a aussi un vétéran de la guerre des Malouines, qui fut tortionnaire au Grupo de tareas. Les stigmates du passé… Il suffit de se laisser aller à la lecture d'une écriture stylée, où la noirceur côtoie la beauté, avec en leit-motiv, le sentiment tragique et désespéré du tango. Le lecteur se délectera de nombeuses références littéraires, cinématographiques et artistiques. Traduit de l'espagnol par Claude Bleton Broché. Format : 14,5 x 24 cm. 320 p. 22,50€