Sarah Bernhardt l'Art du théâtre / Editions de La Coopérative

Mercredi, 8 Février, 2017 - 09:08

La voix, le geste, la prononciation...

Attention ! Ce livre n'est pas un ouvrage de plus sur la comédienne, Sarah Bernhardt (1844-1923), comme vous pouviez le penser. L'éditeur précise : «  Si, les Mémoires de Sarah Bernhardt ont été plusieurs fois rééditées (en dernier lieu aux éditions des femmes), on ignore, en général, qu'à la fin de sa vie la grande comédienne avait entrepris d'écrire un ouvrage, pour transmettre son expérience aux générations futures. Elle en dicta jusqu'à sa mort les chapitres qui furent ensuite ordonnés et publiés par Marcel Berger, un des familiers de ses dernières années. » L'éditeur poursuit en affirmant qu'il ne s'agit pas d'une édition « passive » du texte de l'édition originale qui comportait de nombreuses erreurs, notamment sur les noms propres, résultat du fait que l'actrice n'a pu en relire la version finale. Vous trouverez aussi une galerie de portraits « d'étoiles » du théâtre et du cinéma du Second Empire à la Belle Epoque : Julia Bartet, Mounet-Sully, Maria Favart, Madeleine Brohan, De Max, Lucien Guitry, Coquelin, Suzanne Reichenberg, Réjane, Sophie Croizette, etc. Sarah Bernhardt apporte ses conseils dans le domaine des qualités nécessaires au comédien, de ses qualités morales, pour le maquillage, pour la voix, avec souvent une pointe d'agressivité qu'elle ne peut réfréner. J'ai bien peur, qu'aujourd'hui, l'absence de méthode ne porte préjudice à la formation des acteurs. Voici pourquoi, je leur recommande très vivement, la lecture de ce document directement surgi des arcanes du théâtre français. Il est bon de disposer de certaines bases, même si, par la suite, on peur décider de s'en détacher. Une anecdote qui ravira les amateurs de tout ce qui concerne l'auteur du « Journal Littéraire », l'admirable pamphlétaire, Paul Léautaud, à propos de son père, Firmin que Sarah Bernhardt eut comme souffleur à la Comédie française : « Quand je passai mon premier examen au Conservatoire, je restai figée dans ma révérence en entendant un jeune homme annoncer au jury, d'une voix tonitruante : Mademoiselle Chara Bernhardt. Cet homme était un lauréat de l'année précédente et, malgré son premier prix de tragédie, personne, aucun directeur ne voulait l'engager ; il dut se faire souffleur, et je le retrouvai à la Comédie Française, comme second souffleur. Un soir, pendant la représentation de « Gabrielle », pièce stupide d'Emile Augier, l'acteur Thiron, qui avait oublié sa mémoire dans les vignes du Seigneur, resta coi. Mon souffleur Léautaud lui envoya cette tirade en termes propres : Cha, Madame, chest une injuchtiche ! ». Paul Léautaud est assez discret sur l'accent de son père. On le comprend ! Ces Mémoires sont une excellente idée de cadeau. Broché + jaquette pelliculée mate. 208 p. Format : 21 x 15 cm. 20€.