Suicide / Editions des Syrtes

Samedi, 25 Novembre, 2017 - 16:17

Des personnages de fiction mêlés à des figures historiques...

  Ressusciter la littérature russe contemporaine, telle est la noble mission de cet éditeur courageux. Connaissez-vous Mark Aldanov (Kiev 1886-Nice 1957) ? Chimiste, proche des réformistes libéraux vaincus par les bolcheviks, après son exil, il reprit son activité littéraire en France, et aux Etats-Unis, où, il conquit un vaste succès, avant de tomber dans l'oubli, dont il est aujourd'hui tiré par l'initiative des Editions des Syrtes. Suicide est son dernier roman, traduit pour la première fois, en français, par Jean-Christophe Peuch, avec une préface de Gervaise Tassis, professeur de Lettres à Genève. Mark Aldanov est un pseudonyme, son véritable nom est Mark Landau. Il était proche de Ivan Bounine qui fut prix Nobel, en 1933, et de Vladimir Nabokov, auteur de Lolita. Mark Aldanov émigra en France, en 1919, puis, à New York, où il fonda la Nouvelle revue, avant de revenir en France, en 1947. Il écrivit plusieurs romans : les Origines (1946), Récit sur la Mort (1952), ainsi qu'une tétralogie à propos de Napoléon 1er, et une autre concernant les révolutions russes de février à octobre 1917. Le fil conducteur de Suicide est la vie de Vladimir Oulianov, et s'achève à la mort de celui-ci devenu Lénine, en 1924. Autres personnages cités, ou apparaissants dans le récit : Savva Morozov industriel et mécène russe, l'empereur Guillaume II, François-Joseph 1er d'Autriche, Paul Bourget, écrivain français qui fut immensément connu avant de sombrer dans l'oubli le plus noir, Maxime Gorki, Alexandra Kollontaï apôtre de l'émancipation des femmes qui verrait avec plaisir les manifestations actuelles contre le harcèlement sexuel, etc. A ce propos, il faut lire La Tête et le Cou, histoires de femmes russes, récemment publié par les Editions des Syrtes. Mark Aldanov écrivit à propos de Machiavel, si souvent cité par les politichiens démiurges, admirateurs de François Mitterrand et du général de Gaulle : « Il lui semblait maintenant avoir trouvé quelque chose de commun à Marx et Machiavel, et pas seulement dans leur caractère, tous deux n'aimaient pas les hommes, bien sûr, mais aussi dans leur relation philosophique au monde. Ils parlaient tous deux de ce qui était, non de ce qu'ils auraient souhaité. Marx parlait de la lutte entre les classes et Machiavel de la lutte entre les hommes. « Et celui qui réussira à les unir deviendra peut-être un jour le maître du monde... ». Tiens donc, ne serait ce pas le projet politique d'Emmanuel Macron ?... Il est inutile que je vous dise, à quel point, je vous recommande cette lecture. Broché. 660 p. Format : 23,5 x 15 cm. 27€. A.V.