A Montbrison, au musée d'Allard, on célèbre les femmes au tournant du siècle...

Jeudi, 14 Février, 2019 - 15:45

En rendant hommage au peintre, Albert Bréauté (1853-1941), et en s'appuyant sur ses contemporains de l'école lyonnaise...

Sandrine Montagnier et Michel Bosse-Platière

Nous ne dirons jamais assez la haute qualité de l'action de Sandrine Montagnier, commissaire inspirée et talentueuse de cette exposition. Elle nous apprend qu'Albert Bréauté, revenu de ses obligations militaires, à l'issue de la guerre de 1870, fut élève de maîtres de l'école des beaux-arts de Paris, comme Henri Lehmann, Luc-Olivier Merson et Fernand Cormon. Notons la même connaissance et la même maîtrise chez Albert Bréauté que son conscrit lyonnais, Tony Tollet, formé par les mêmes professeurs. Très doué en dessin, comme en peinture, Albert Bréauté reçut de nombreuses récompenses méritées. Il fut professeur de dessin de la ville de Paris, et, honneur suprême à mes yeux, vice-président de l'Association fondée par le baron Taylor, une structure qui étend encore ses bienfaits sur le monde de l'art. Sandrine Montagnier, pour réussir parfaitement cette exposition, eut recours à des œuvres sublimes appartenant à la collection raffinée de Michel Bosse-Platière, soutien indéfectible de l'histoire des arts, à Lyon : Femme à l'Ombrelle de Joseph Perrachon, l'incendiaire Nu à la fleur de Louise Morel, De mon royaume œuvre emblématique de l'architecte et peintre, Louis Thomas, compagnon de l'atelier de Tony Garnier, membre fondateur du groupe Témoignage de Lyon, l'Actrice autoportrait de Marie Louise Veuillet, fille de l'invraisemblable Marcel Roux, Ophélie d'Anne-Marie Esprit, Sans titre une très poétique et lumineuse composition de Régis Deygas, professeur à l'école des beaux-arts de Lyon qui forma des artistes volontaires comme René Maria Burlet et Camille Niogret, La Femme au bouquet de Louis Appian dans l'esprit d'Edouard Manet peinte à la pointe du pinceau, Eurydice dans une lumière lunaire descendant vers son destin de Fernand Mitifiot de Belair évocatrice du symbolisme de Puvis de Chavannes, La Vérité de Joanny Paquier Sarrasin qui rivalise avec les plus motivés des peintres préraphaélites anglais, Intérieur ensoleillé œuvre méditative, supérieure pour l'occasion au talent de l'américain Edward Hopper, la Toilette d'Adrien Godien, admirateur de Degas, l'homme qui, en 1914, révéla la déclaration de la Première guerre mondiale à l'écrivain, Henri Béraud, futur Prix Goncourt, installé à la terrasse du café devenu le restaurant Léon de Lyon, le Ravaudage de Louis Paviot qui justifie la passion de Michel Bosse-Platière pour la manière résolue de cet artiste oublié, L'Insouciance révélatrice des langueurs dissimulées de la bourgeoise Madeleine Plantey, épouse Milliat, etc. D'Albert Bréauté, artiste sensible, descripteur du climat de son époque, nous devons évoquer : les Deux frères, toile prêtée par le musée des beaux-arts de Caen, la mort du docteur Reymond, propriété du musée d'Allard, et surtout, la lumineuse composition intitulée : L'Essayage, qui appartient, suite à une donation, au musée d'Allard. Sans omettre, Jeune fille assise œuvre venue du musée de Bayonne exprimant la candeur, la pureté d'une adolescente employée de ferme, et pour finir, en attendant votre visite, la Liseuse au dos nu ou le roman, etc.. Parmi les contributeurs : Madame F.Janin, et, Vincent Lcomte, docteur en esthétique et sciences de l'art. Vous devez obligatoirement, comme Marie-Thérèse Bourrat, que nous avons vu apparaître le soir du vernissage, vous rendre à Montbrison, pour apprécier cet accrochage soigné dans une volonté pédagogique évidente. Rarement exposition fut aussi accomplie. Un événement exceptionnel né de la résolution passionnelle de Sandrine Montagnier, déjà auteur de plusieurs événements impliquant les arts à Lyon, souvent au service des femmes et de leur recherche de liberté par la peinture et par la création en général. Sandrine Montagnier mérite notre reconnaissance, son association avec le collectionneur, Michel Bosse-Platière génère d'excellents résultats. Jusqu'au 1er mai 2019. Musée d'Allard à Montbrison. 13, boulevard de la Préfecture. 04 77 96 39 15. Alain Vollerin