BIZARRE, BIZARRE, COMME C’EST BIZARRE… ACTE I

Sous le vocable, Bizarre, bizarre, comme c’est bizarre, on reconnaît la référence à Drôle de drame de Marcel Carné avec une scène culte magistralement interprétée par Louis Jouvet et Michel Simon.
Dans cet Acte I de Bizarre, bizarre, l’association de ces deux artistes peut à première vue sembler en effet étrange. Lydie Catalano crée des images photographiques avec l’IA, impeccables, encadrées avec soin. A l’inverse chez Gérard Visser, ses machines insolites et drolatiques sont créées de bric et de broc avec des matériaux de récupération.
Pourtant, dans l’esprit, ils sont très proches. Tous deux pratiquent le détournement. Leur démarche dépasse le réel. Ils traitent de l’humain dans sa représentation, chacun et chacune avec sa technique propre qui surprend, amuse et interroge.
A la suite de son exposition, #jesuistous, en septembre 2025, à la galerie Partage de la formidable Lucie Braconnier, Lydie Catalano poursuit sa démarche avec Monstrations, à la galerie Mémoire des Arts. Selon des principes élaborés, pensés avec soin, Lydie Catalano réincarne des figures iconiques de l’étrange dans des situations usuelles. Elle engage un décalage en se penchant sur la folie qu’on n’accepte pas, relatée généralement dans une formulation politiquement correcte. A contrario, Lydie Catalano « explore le sacré de l’étrange » sans ambage. Parmi la trentaine d’œuvres choisies, on reconnaît Nosferatu, Cat Woman, le Jocker, Les sept samouraïs, Taxi driver, Men in Black, la Dame de Shanghai.
Quant à Gérard Visser, il se définit comme un machineur. Il assemble ce qui l’inspire, des objets usuels qui lui tombent sous la main ou qu’il recherche. Il détourne pour créer son monde, burlesque, poétique animé par de petits moteurs. Des souliers qu’il enchante de couleurs vives, qu’il ouvre comme des bouches. Il exprime également en peinture le carnaval étrange des humains avec des têtes bizarres, entre Barnum et James Ensor. Des alignements de faces joviales aux rires exagérés de clowns tristes, ou tout simplement rigolotes à la manière des enfants.
Drolatique, espiègle, farceur, ses créations cocasses interpellent entre humour et gravité. Des matériaux de récup’ pour dire un monde. Je l’inscris dans la grande famille des « purs », en l’associant au garçon vacher Petit Pierre et son manège, à Émile Ratier ou François Monchâtre.
Venez sans attendre découvrir ces œuvres « bizarres ». Les enfants, mais aussi les adultes s’attardent devant la vitrine. Cette exposition ne laisse pas indifférent.
Jusqu’au 27 avril 2026 et +. Galerie Mémoire des Arts. 124 rue de Sèze. Lyon 6. Du mercredi au vendredi 15h – 19h. Samedi 10h-12h – 15h – 19h. Et sur rendez-vous : 06 32 62 93 21


