L’Hivernal de Lyon 2026. 70e Salon d’Hiver au Palais de Bondy

En préambule, un mot pour dire l’utilité des salons. Le salon est un espace de liberté et d’échange des artistes entre eux et des artistes avec le public. Mais un salon, c’est aussi le travail d’une équipe autour d’un président ou d’une présidente. Les salons existent grâce à leur abnégation et leur volonté désintéressée. C’est pour cette raison qu’ils sont souvent en danger et qu’il faut les défendre. Difficile d’œuvrer pour le groupe et de résister en ces temps d’individualisme.
A l’origine, le Salon fut créé pour permettre aux artistes une fois par an, de présenter ce qu’ils avaient produit de meilleur dans l’année. Tout d’abord les œuvres des derniers lauréats de l'Académie puis, à partir de 1817, de celles de l'École des beaux-arts. Avant l’existence des galeries, il était le seul moyen de présenter sa production au public. Il était, et est toujours sélectif, sur la base d’un jury pour droit d’entrée.
L’art est bénéfique pour se ressourcer. C’est le fruit de la réflexion de Chantal Hayette, présidente depuis 2017, qui s’exprime dans un "Mot d’humeur" en édito du catalogue. Avec pertinence elle s’interroge sur la fonction de l’art, son utilité particulièrement à un moment d’absences de repères. Elle pointe aussi l’écueil de la tentation du "jeunisme". Être à la page, créer pour séduire. Non, l’art dans sa pureté ne répond pas à ces critères. Il se manifeste chez l’artiste véritable comme une nécessité impérieuse.
Le Salon L’Hivernal est défendu dans un souci d’exigence de plus en plus accru, par une équipe soudée menée par la présidente Chantal Hayette, secondée avec détermination par le secrétaire général Daniel Petit. C’est un salon ouvert, mais sur une ligne directrice, l’authenticité. Son ouverture à d’autres techniques que la peinture et la sculpture comme la photographie, le tissage, le collage, etc., suit l’évolution naturelle de l’art. Peu importe les manières de créer, il n’y a que le résultat qui compte et surtout, ce que l’artiste exprime du plus profond de son être.
L’invité d’honneur cette année est le peintre Claude Avias. Ses personnages aux allures de bambins peuplent ses compositions. En rondes ou en groupes compacts, ils représentent l’humanité dans ses quêtes, ses doutes, ses outrances, ses atermoiements. Telles des allégories, ses visions remplissent le format. Claude Avias axe la lumière sur les personnages comme un feu qui interroge. Feu de l’enfer à la façon de Brueghel et Bosch. L’humain en recherche et aussi l’humain source de son propre malheur.
L’art pour dire. Peu importe le sujet. Il n’y a en a pas de petit. Une simple nature morte parle autant qu’une abstraction. C’est ce qu’exprime l’artiste qui importe, et c’est ce que chacun trouvera lors de sa visite de l’Hivernal. Une grande diversité de création. 70 artistes pour cette 70e édition. Sculptures en bronze, pierre, bois, céramiques, métal, terre cuite, recherches photographiques, peintures naïves, allégoriques, hyperréalistes, figuratives, abstractions poétiques, lyriques ou géométriques, lyrisme fantastique, univers surréalistes… Le public trouvera l’œuvre avec laquelle il sera en affinité.
Venez nombreux visiter L’Hivernal qui ne dure que 9 jours au Palais de Bondy, joyau du patrimoine lyonnais. Destiné à l’art avec ses salles d’exposition et de concert, il ouvrit ses portes en 1905.
Palais Municipal. 20 quai de Bondy. Lyon 5e. Du vendredi 9 au samedi 18 janvier. Ouverture du mercredi au samedi 14h-18h et dimanche 11h-17h. Vernissage samedi 10 janvier de 17h30 à 20h. Entrée gratuite.
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


