Musée Paul Dini, les Lyonnais rencontrent l’Orient…

Dimanche, 20 Octobre, 2013 - 10:24

Au départ, j’aimais bien cette exposition…

Au micro, Sylvie Carlier, directrice du Musée Paul Dini

Et pourtant, je commencerais par une constatation désagréable. Les autres, s’il y en a, viendront ensuite. Question ? Dans quel esprit perturbé est née l’idée d’une aussi médiocre, et aussi décalée couverture pour le catalogue ? Pour ne pas être contrarié, il faudrait être totalement inculte. Dès qu’un peu de savoir apparaît, la contestation gronde. Ainsi, pourquoi parler de rencontre des Lyonnais avec l’Orient, ce qui laisse penser que cette exposition présente des peintres, nés à Lyon. Alors qu’il est question d’Antoine Barbier (Saint-Symphorien de Lay-Loire), Pierre Beppi-Martin (Seyssel-Ain), Victor Bussière (Cuisery-Loire), Félix-Auguste Clément (Donzère-Drôme), Nicolas-Victor Fonville (Thoissey-Ain), Gaston-Casimir Saint-Pierre (Nîmes-Gard), Lucien Mainssieux (Voiron-Isère), Jules Migonney (Bourg-en-Bresse-Ain), etc). Mais aussi, de « statues de Commandeur » comme Henri Matisse, Henri Manguin, Albert Marquet, Charles Camoin, etc. Il y a d’ailleurs, un tableau de Jean Puy qui est bien moche, à peine exposable, et qui nuit, à la qualité de cet accrochage. Mlle Sylvie Carlier n’aime pas qu’on lui fasse la moindre critique. Alors, plusieurs ? Pensez-vous… La rigueur, n’est pas la première qualité de Mlle Sylvie Carlier. Loin s’en faut. Son allant, sa générosité font qu’on lui pardonne beaucoup de « bavures ». Pourquoi évoquer la découverte de l’Orient, par la route de la Soie ? Pourquoi, ne pas rester dans l’univers de la peinture ? Et si, l’influence Orientaliste, sur les peintres lyonnais, était venue par les Salons ? Par le Salon des Amis des Arts, où Eugène Delacroix exposa plusieurs fois, la première en 1837, avec le célèbre Les Natchez ? Eugène Delacroix fut envoûté par le climat marocain pendant sa visite, en 1832. Mais, ce fut en 1840 qu'il accrocha une peinture orientaliste, le Petit camp arabe. C'est-à-dire, plusieurs décennies avant les artistes sélectionnés paradoxalement, par Mlle Sylvie Carlier. Enfin, sa véritable prestation orientaliste, Eugène Delacroix l'offrit aux lyonnais à titre posthume, en 1877, avec l'entrée des Croisés dans Constantinople, le Giaour, une femme juive avec sa fille, etc. De toutes façons, l’Orientalisme était dans l’ère du temps, né avec les premiers voyages au Moyen Orient, des armées napoléoniennes. Pourquoi manipuler l'histoire, au profit de rédacteurs, en mal de reconnaissance officielle ? Trop peu de place pour Tony Tollet qui fut l’un des tout premiers peintres, à Lyon, pendant plus d’un demi siècle. Ne pas respecter ce paramètre, c’est réécrire l’histoire à sa guise, et se moquer du monde. Enfin, Mlle Sylvie Carlier découvre l’immense talent, et le génie singulier d’Eugène Villon. Il n’est jamais trop tard pour réparer ses erreurs. Un peu de bonne foi, de temps à autre, ne peut pas nuire. J’ai été émerveillé, par la fraîcheur des toiles de Barthélémy Pupier (1791-1858), par l’énigmatique composition de Marius Roy (1833-1921) qui était le correspondant parisien de la Société Lyonnaise des Beaux-Arts, par l’enchantement développé dans les œuvres de Charles-Louis Montlevault, par l’Orientale de Pierre Combet-Descombes qui avait lutté avec l’armée française dans les Dardanelles, par l’onirisme pré-Ziniar de Charles Sénard, l’importance de Jean Seignemartin, la liberté de Marie Caire-Tonoir, etc. On emprunte beaucoup, à l’admirable travail de Mme Dominique Dumas, à propos des expositions dans les salons de Lyon, sans toujours la remercier, comme elle le mérite. On se demande vraiment, ce que vient faire ici, le cher Félix Ziem, né à Beaune, en 1821, et mort à Paris, en 1911. Cette présence, dilue un peu plus le propos de Mlle Sylvie Carlier qui rencontre beaucoup de difficultés à rester cohérente, surtout pour le large public. Après ces analyses constructives, j’ai conservé le meilleur pour la fin. En visitant cette exposition, vous apprendrez beaucoup, comme ce fut mon cas. Alors, n’hésitez pas, courrez à Villefranche-sur-Saône, où les animateurs du musée Paul Dini contribuent, une fois encore, à la préservation de notre patrimoine culturel. Très bel effort, mais, quand on pense à la façon dont sont remerciés à Lyon, ceux qui militent pour les arts ! A l’exemple, de Madeleine Rocher-Jauneau. Nous étions une petite dizaine de l’univers des arts plastiques, pour ses funérailles. Mon Dieu, comme nous sommes peu de choses !... Musée Paul Dini-Les lyonnais rencontrent l’Orient 1840-1930 jusqu’au 9 février 2014. www.musee-paul-dini.com