Olivier Auguste / Galerie Paule Martigny

Exposition inscrite dans le programme Résonance de la Biennale d’art contemporain de Lyon.
Olivier Auguste étonne par sa pertinence à saisir les maux de notre société. Avec un regard tendre teinté de cynisme, il traduit avec grâce, porté par un goût du beau et une solide culture de l’histoire de l’art, un monde en déliquescence qui s’écroule, qui s’interroge, qui résiste aussi. Ces œuvres sont des constats de la responsabilité de l’homme, grand pollueur, de sa place dans la nature, de la fragilité de la vie, de la cruauté, de la solitude et de la mélancolie. Olivier Auguste est un penseur qui peint, jamais las d’inventer des formules étonnantes comme les tamis, les filets, les tondi, etc. Dans un raffinement proche de celui de la Renaissance, il peint, assemble, colle. Et jamais ne se prend au sérieux, cédant même à l’introspection sans fard pour dire et combattre à sa manière. L’art, source de vie. Un message pour ceux et celles qui pensent que l’art ne sert à rien. C’est ce qui reste quand tout semble perdu.
Il confie : “La peinture s’est imposée à moi en tant que fenêtre ouvrant sur un autre monde. J’aime l’idée qu’entrer dans un tableau équivaut à changer de dimension. D’abord notre regard et ensuite notre cognitus convergent vers la toile dans laquelle le champ s’élargit sur une deuxième réalité, celle d’éléments imaginaires, hors cadre et néanmoins suggérés.”
Olivier Auguste place l’humain au cœur de son œuvre dans un travail plus poétique que politique. On retrouve des références aux maîtres anciens du Quattrocento transposées dans une figuration contemporaine, tels ses nus dans des poses de la vie quotidienne. Huit séries de son œuvre sont présentées dans un accrochage volontairement dense pour montrer les différentes facettes de ses préoccupations tant mentales qu’esthétiques. Elles correspondent à un aspect significatif de son style et de sa démarche uniquement sur le début du XXIe siècle.
Ces séries sont : Metaphysica, avec des villes dévastées, des paysages urbains à l’abandon, des routes ouvertes au dessus de vides cataclysmiques. L’écume des nuits couvre un mur entier avec 131 pinces-écumoires en inox. Chacune d’elles abrite un portrait photographique, rendu visible à travers la trame de sa grille. Ces portraits évoquent par leur répétition les rencontres fugaces qui jalonnent une vie. L’œuvre interroge ce que notre mémoire retient de ces visages : une trace plus ou moins précise, une empreinte qui résiste au temps. Les tamis du temps correspondent à deux portraits derrière des tamis ronds : le personnage jeune regarde le portrait âgé : David Bowie, David Hockney, Olivier Auguste. Les Petitamis et Ganymède sont de petites pièces en inox incluant des portraits tous peints à l’huile. Les filets et les grillages sont des filets de la consommation courante qui recouvrent des photographies ou des peintures de paysages, des morceaux de corps ou des portraits. Significatifs de l’enfermement ou des déchets que l’homme laisse dans la nature. Les hublots correspondent à une série apaisée dépourvue de tragédie : "un chahut entre l’eau, l’air et la chair au travers des reflets et déformations des figures dans les vagues." Les Bestiass constituent un bestiaire personnel. Toutes les Bestiass sont de couleur violet-rose sur des fonds vert-jaune et ont subi des déformations en référence à la mal-traitance animale. Les nouveaux nus sont réalisés d’après des modèles vivants qui posent dans des attitudes du quotidien. Ils sont inspirés des représentations de martyrs hiératiques auxquels l’artiste associe des fonds issus de l’abstraction géométrique. Les Vortex : En janvier 2002, lors de la réalisation d’une série de représentations de plages, Auguste place son pinceau au centre du ciel. Il fait tourner l’instrument par touches séparées dans le sens des aiguilles d’une montre, élargissant ainsi ce qui forme un glyphe, qui n’est autre qu’une spirale en relief recouvrant tout le second plan du paysage.
Venez sans tarder découvrir cette exposition étonnante.
Galerie Paule Martigny. 124 rue de Sèze. Lyon 6e.
Jusqu'au 10 octobre 2026. Du mercredi au vendredi 15h-19h – samedi 10h-12h / 15h-19h. Tél : 06 32 62 93 21


