Sandrine Cerdan. Enchanter le monde

Jeudi, 28 Mai, 2026 - 10:06

L’exposition d’une artiste polyvalente : peintures, dessins gravures, céramiques, porcelaines

 

Pourquoi ce titre ? Parce que Sandrine Cerdan observe le monde et qu’elle le restitue à sa façon.

C’est Alain Pouillet qui m’a présenté Sandrine. Elle m’avait montré des photos de ses peintures. Plus tard je la visitais dans son atelier de Moras-en-Valloire, un bourg médiéval, près de Hauterives. Enthousiasmée et convaincue par la qualité et l’originalité de son travail, aussi authentique dans la pratique de la gravure, de la peinture que de la céramique, je lui proposais une exposition personnelle.

Face à l’observation de la vie des humains, aux fléaux, à la violence, elle répond avec son art. Dans son tondo, "La marche pour la paix", elle exprime la résistance face au sang. Le rouge domine, mais tous les personnages s’activent de face, les bras ouverts, dans une écriture enfantine. Que voit-on ? Des femmes et des enfants souriants, groupés en une composition concentrique. L’amour face à la violence. En effet, les femmes sont très douées pour la résilience. La vie est plus forte que tout. Dans les pays en guerre, dès que les pluies de bombes cessent, les enfants sortent jouer au ballon. De la même manière que dès que le soleil réapparaît, les oiseaux se remettent à chanter. La preuve en est avec le diptyque "Le courage des oiseaux".

Même quand Sandrine Cerdan représente le bidonville, dans ses gravures ou ses peintures, c’est la vie avant tout, dans son bourdonnement, qui domine. Les oiseaux, les animaux, les villes, la nature peuplent ses peintures qui, comme dans les œuvres hors-les-normes correspondent à une volonté de remplissage. Gratté, gravé, collé, peint, imprimé, modelé, brodé, c’est un foisonnement. Pour dire encore et encore, et plus. Le poème qu’Alain Pouillet a composé pour la circonstance le traduit magnifiquement.

Observons attentivement l’œuvre de Sandrine Cerdan dans tous ses modes d’expression. Sa spontanéité apparente répond en fait à une profonde maturation. L’originalité de son style dans des séries multiples et variées, est en accord avec une perpétuelle recherche dans la forme, pour conter son paysage intérieur, son étonnement, son émoi, et ses enchantements face au spectacle du monde.

Jusqu’au 14 juin 2026. Galerie Mémoire des Arts. Lyon 6. Du mercredi au samedi 15h-19h. Samedi 10h-12h.  06 32 62 93 21. martigny.paule@orange.fr

Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com