Série noire - Portraits de Robert Baret

Samedi, 28 Février, 2026 - 11:10

« Un portrait c’est de la peinture avant d’être de la figuration. » confie Robert Baret.

En effet, la peinture répond à la capacité de dépasser la réalité. Robert Baret réalise ses portraits d’après des modèles qui viennent poser chez lui, dans un cadre de contraintes temporelles, techniques et spatiales. Le support est un papier souvent kraft qui apporte une tonalité et une texture singulière. Le lieu est son salon où il travaille seul ou avec des amis.

Les modèles proposent vêtements maquillage et posture. Robert Baret capte les personnalités en profondeur avec des noirs et des rehauts de blancs soutenus par un éclairage artificiel dense. La lumière est souvent latérale.

« Série noire », la direction est choisie. Robert Baret tape dans le dur. Il peint « à l’os ». C’est brut. Et dans le même temps son empathie naturelle habille ses sujets. On distingue les admirations : Goya, Ribera, Manet, Bacon, Lucian Freud, Hopper, Paula Rego ou Alice Neel. Ils ont en commun des portraits sans complaisance, des tons heurtés et des cadrages distinctifs. Le style de Robert Baret jouit aussi de sa formation et de son expérience de graphiste. Le trait qui va à l’essentiel, concrétise, clarifie, joue sur les contrastes. Le surlignage généreux donnant une densité singulière.

Observons le portrait d’une femme blonde, vêtue de noir et blanc, assise sous un éclairage en douche. Une lumière crue qui accentue les ombres. Robert Baret ne peint pas en matière. Ses coups de pinceau sont posés avec vivacité. Sa facture est rapide en larges touches. Elles ne sont pas juxtaposées. Immédiatement saisies dans une palette restreinte, parfois juste en deux tons. L’impact fort de l’expression est traduit sans concession, accentué par des noirs puissants, la lumière blanche donnant un relief cru aux formes. L’usage du clair-obscur attire l’attention, centralise l’attention. La maîtrise de l’anatomie n’est pas la préoccupation, celle des particularités, des singularités, oui. Cette alchimie porte à l’introspection du sujet. La fixité du regard et les marqueurs les plus acérés de l’expression affirment la démarche du peintre. Regard en soi du modèle, porté dans le vague, sur une ligne imaginaire.
Une autre femme tout en noir, assise devant son miroir ne s’attarde pas sur son reflet, elle jette un œil en coin sur le peintre à son chevalet.
Manière d’introduire son autoportrait. D’autres modèles, jeunes filles ou jeunes hommes sont concentrés, les yeux baissés sur leurs portables...

Un catalogue édité à cette occasion à 90 exemplaires numérotés et signés est en vente à la galerie (15€)

"Série noire". Galerie Mémoire des Arts jusqu'au 21 mars 2026. 124 rue de Sèze Lyon 6e. Du mercredi au vendredi 15h19h - Samedi 10h-12h / 15H-18h. Et sur rendez-vous 06 32 62 93 21.

Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com