Le poivron bleu. Un restaurant atypique à Lyon

Pourquoi atypique ? Parce que sa carte, depuis la création du restaurant il y a treize ans, change quotidiennement en fonction du panier d’arrivage des producteurs locaux avec poissons, viandes, légumes. C’est ainsi que Julien Panzani compose deux entrées, deux plats et deux desserts. On ne mange jamais la même chose. Son inspiration naît des associations des produits du jour régionaux et biologiques, raison pour laquelle on est toujours surpris par les saveurs et les équilibres.
Ce midi-là, le velouté de panais à l’ail capta notre intérêt. A l’ardoise, il figurait agrémenté de mousse de Cantal fumé. Caaomme il n’y en avait plus, le chef l’avait remplacé au débotté par de la cervelle de canut. Association judicieuse qui remplit savoureusement son office, la cervelle n’étant pas trop aillée pour éviter la redondance. Également en entrée, la rillette de truite était la proposition poisson.
Pour suivre, la longe de cochon fermier emporta notre adhésion, plutôt que le mi-cuit de saumon. Cuite à basse température trois heures à 70°, servie rosée, elle était snackée sur une mousseline de carotte au curry, de crème de yaourt aux herbes fraîches et de légumes marinés. Un joli mariage entre acidité et crémeux. L’assiette servie bien chaude permettant une dégustation ad’hoc.
Et enfin, le dessert, enjeu parfois risqué. Finir sur une mauvaise note entache la mémoire. Ici, le chef est aussi bon dans le salé que dans le sucré. Le baba au rhum crème de mascarpone, glace au café blue mountain et caramel au rhum engendra un grand wahoo. Tout était bien dosé, arrosé avec justesse. Et le goût exquis du café qui arrivait subrepticement. J’vous raconte pas ! L’autre convive au palais avisé avait craqué pour le crémeux chocolat noir et grué de cacao, sablé breton, brunoise de kiwi citron, mousse de lait fermenté, pistache basilic. Comme je lui enviais son assiette, il me permit d’y goûter. Le wahoo fit place à un hum… appuyé.
Pour couronner le plaisir de l’accueil et du service enjoué de Loïc André, indissociable duettiste depuis la création du Poivron bleu, le chef, avec la simplicité et la modestie qui l’honorent, partagea sa passion de table en table.
Côté vins, même combat, même engagement : une sélection de petits producteurs travaillant en bio ou en agriculture raisonnée. Nous avions choisi un Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune. Terra Cotta rouge. Une robe légère très fruitée mais avec du corps. Belle surprise du retour en bouche. Parfait pour l’apéritif ou le déjeuner. Bravo.
Le restaurant est petit. 30 couverts. Il est indispensable de réserver. Midi : 23€, 27€, 30€. Soir : formule unique 30€. Du lundi au vendredi midi : Premier service : arrivée dès 11h45. Deuxième service à partir de 13h10. Jeudi & vendredi soir : Premier service : arrivée 19h. Deuxième service à partir de 21h00. Fermé samedi et dimanche.
Le Poivron bleu. 12 rue Professeur Weill. 69006 Lyon.
contact@lepoivronbleurestaurant.fr www.lepoivronbleurestaurant.fr
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


