Henry D. Thoreau – L’insoumis de Walden / Flammarion

Dimanche, 19 Avril, 2026 - 14:01

« Il n’est jamais trop tard pour renoncer à nos préjugés. » H. D. Thoreau

 

Dans cet essai, Henriette Levillain analyse le livre-manifeste de Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, qui célèbre la vie sobre et l’écoute de la nature. C’est un récit qui compte de nos jours parmi les best-sellers internationaux. L’Insoumis de Walden débute par la mort de la tuberculose de Henry D. Thoreau (1817-1862). Il s’éteint entouré des siens, dans sa ville natale du Massachusetts qu’il a peu quitté, le 6 mai 1862. Il a quarante-quatre ans.

Sujet à controverse : Thoreau a-t-il autant habité la maison dans les bois qu’il l’avait écrit dans Walden ? Certaines langues ont prétendu qu’au bout d’un certain laps de temps, il ne supportait pas cette vie primitive. Rumeur ou pas il n’en est pas moins vrai que l’attachement du jeune Thoreau à son aîné, le philosophe et poète, Ralph Waldo Emerson qu’il considérait comme un maître et un second père, a ouvert sa conscience.

Il prit ensuite des engagements courageux au cours de sa vie, dont celui pour l’abolition de l’esclavage, qui lui valut une nuit en prison. Dans La Désobéissance civile, Thoreau encourageait chaque citoyen à refuser de payer ses taxes locales à un état qui ne condamnait pas l’esclavage. Scandale et levées de boucliers. Pourtant ses écrits en faveur de l’abolitionnisme inspirèrent plus tard le Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Jack Kerouac ou Jim Harrison.  

L’école de la nature est plus riche d’enseignements que la société des hommes. Dans Walden, Thoreau marche hors des sentiers battus. Il stimule l’éloge de la vie en plein air. C’est une décision singulière à son époque que de construire entièrement une cabane de ses mains. Une attitude qui génère aujourd’hui l’adhésion des survivalistes et des chantres de l’écologie qui veulent vivre en auto-suffisance. Et susciter « L’envie de rencontrer « un sage … mais un sage tout de même, satguru, comme disent les hindous, à la fois pur et illuminé. »

Henriette Levillain est professeure émérite à Paris-Sorbonne. Autrice de nombreux ouvrages et articles, parmi lesquels Saint-John Perse (Fayard, 2013, Grand Prix de la biographie littéraire de l’Académie française), elle a plus récemment publié Yourcenar, carte d’identité (Fayard, 2016) ainsi que Virginia Woolf, carte d’identité (Fayard, 2021). Rester vivante à tout prix (Flammarion, 2023) a été salué par la critique.

Une lecture vivement conseillée. Bravo pour la conception de la couverture. Broché. 256 p. Format : 13,5 x 20,9 cm. 23€

Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com