Mary Cassatt / Larousse

Le texte de l’historienne Sandrine Andrews, pour ce livre consacré à Mary Cassatt, est tout à fait remarquable. Il est sensible, concis et bien composé. Elle a notamment écrit celui de l’album consacré à Berthe Morisot.
Mary Cassatt est née en 1844 en Pennsylvanie. Avant-dernière d’une fratrie de cinq enfants elle vit une enfance privilégiée. Dès l’adolescence, Mary Cassatt sait qu’elle veut être peintre professionnelle et désire être maître de son avenir à l’égal de ses frères. Pas facile à une époque où les femmes doivent conquérir leurs droits et leur indépendance financière. "La liberté est le premier bien dans ce monde et ça vaut la peine de lutter pour échapper à la tyrannie d’un jury."déclare-t-elle.
Après un tour d’Europe avec sa famille pendant son enfance, jeune fille, elle accède à une solide formation artistique en Italie, en Espagne et en Flandres où elle étudie les tableaux des grands maîtres. Comme pour Edouard Manet, la peinture espagnole notamment, emporte ses suffrages. Une série de magnifiques toiles de jeunesse l’atteste. A Paris, en 1873, Mary Cassatt rencontre les impressionnistes. Elle est proche d’Edgar Degas qui a une forte influence sur elle. Elle va ensuite trouver sa manière et s’illustrer avec ses maternités. Elle n’est pas la seule à en peindre. C’est un thème qui intéresse Eugène Carrière, Auguste Renoir et Berthe Morisot. Rien de religieux, c’est plutôt l’expression des liens familiaux et de l’amour inconditionnel de la mère pour son enfant, dans ses bras comme un refuge. Mary Cassatt parvient à exprimer la chair en peinture et le naturel des postures et ses compositions sont très étudiées, suite à de nombreux essais.
Elle abordera d’autres thèmes : les femmes au cœur de ses préoccupations, des portraits à l’instar de son compatriote américain Whistler, les scènes de la vie bourgeoise, le théâtre, les promenades au parc, et les enfants modèles dont elle saisit les expressions : l’ennui, la concentration du jeu. Comme John Singer Sargent, sa manière capte les émotions avec délicatesse en un jeu de touches vibrantes et spontanées. En 1890, bouleversée par une exposition d’estampes japonaises, tout comme les impressionnistes et surtout les nabis, elle s’initie à la gravure, travaille à la pointe sèche sur cuivre et acquiert une presse pour réaliser elle-même ses tirages. Sa technique de l’aquatinte est tout à fait novatrice et très remarquée.
En 1904, à l’apogée de sa réussite, le Los Angeles Times la considère comme "la plus importante femme artiste". Concluons par : "J’ai vécu intensément ma vie de femme et j’ai peint ce que j’aimais."
Cet album signé par Sandrine Andrews, est superbement illustré. Il met en lumière un féminisme personnel, fondé sur l’égalité dans la différence et la valorisation du rôle de la mère. Ce livre paraît à l’occasion du centenaire de la mort de Mary Cassatt en 1926. La première rétrospective majeure de cette artiste est organisée par le musée d’Orsay du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027.
Relié. Couverture cartonnée. Format : 19,8 x 24,3 cm. 128 p. 14,99€
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


