Mont Blanc. Le regard des peintres / Éditions du Mont Blanc

Un livre signé par deux auteurs : Bruno Dupety qui conjugue avec passion ses deux amours, la montagne et la peinture. Il réunit sa connaissance de l’alpinisme et sa curiosité d’amateur d’art. Jacques Perret né à Chambéry est l’héritier d’une longue lignée d’alpinistes, il a rassemblé une collection exceptionnelle d’ouvrages dédiés à la montagne. Expert reconnu, ses ouvrages sont des références.
Du réel à l’imaginaire que suscite la montagne. Des courants picturaux successifs, du naturalisme au romantisme, des visions multiples sont exprimées dans toutes les techniques : aquarelle, gouache, huile, gravure, dessin. Au-delà souvent de simples paysages, ces peintures sont aussi des références historiques. Elles disent l’essor de l’alpinisme, la représentation des premières ascensions, l’ivresse de l’escalade, et les longues randonnées contemplatives. D’un intérêt géographique aussi. Les peintures évoquent l’évolution du site, les transformations du paysage, et la fragilité de la nature menacée.
Ce livre de grande qualité, nouveauté aux éditions du Mont Blanc, dirigée par la grimpeuse et alpiniste française Catherine Destivelle, transporte le lecteur au-delà d’une représentation imagée. Du simple relevé cartographique lorsque la montagne était considérée comme un milieu hostile, aux premiers voyages sur site où la montagne devient source d’inspiration et lieu d’exploration. Les visions d’artistes s’étalent de 1444, avec un tableau de Conrad Witz, jusqu’à nos jours. Parmi les représentations anciennes : Léonard de Vinci, Pieter Brueghel l’Ancien, Albrecht Altdorfer.
L’ouvrage est conçu de manière thématique et chronologique. Les pages consacrées à chaque artiste comportent des repères biographiques et des commentaires d’œuvres formant un duo d’informations riches et claires. On découvre les incontournables maîtres suisses, les romantiques en rupture avec le style néo-classique comme les anglais William Turner ou John Ruskin, l’allemand Caspar David Friedrich ou le français Théodore Rousseau, les peintres réalistes, Gustave Courbet ou Gabriel Loppé, les scientifiques dont Eugène Viollet-le-Duc, les novateurs dans la mouvance de l’impressionnisme, ou de l’expressionnisme, Monet, Hodler, Signac, Oskar Kokoschka.
On retrouve Emile Noirot, sans oublier les affichistes. Oh miracle, une femme : Georgette Agutte. On désespérait. Viennent ensuite les italiens pour un autre versant du Mont-Blanc, dont curieusement l’américain John Singer Sargent avec quatre remarquables peintures. Il entre dans cette qualification car, né à Florence.
Les Modernes succèdent, avec Joseph Communal admirateur de Ferdinand Hodler et de l’italien Giovanni Segantini. Samivel n’est pas oublié. Ses délicates aquarelles incarnent à merveille l’esprit alpin. Surprise encore, Albert Doran, un nom masculin qui cache une identité féminine, Marie Couturier. Elle devint rapidement un peintre de montagne reconnu sous ce faux patronyme. Qu’en aurait-il été si elle avait fait carrière sous son vrai nom ? Mais arrêtons de faire du mauvais esprit !
Et pour clore, en dernière partie, les Contemporains qui n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs : Pascal Amblard, He Vifu, Rowan Huntlev, Francis-Olivier Brunet, Ji-Voung Demol Park, Minna George, encore des femmes ! Ciel !
Au total plus de 130 artistes représentés. L’ensemble est inscrit dans une belle mise en page et une abondance de reproductions de qualité en grand format.
Un ouvrage nécessaire à tous les amateurs d’art et de montagne. Une très belle idée de cadeau. Avec la collaboration de Loïc Lucas et William J. Mitchell.
Relié. Couverture cartonnée. Format : 24 x 28 cm. 320 p. 49,50€
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


