Pierre-Joseph Proudhon / autrement

Mercredi, 5 Juillet, 2017 - 09:21

L'Anarchie sans le désordre...

Dans la collection : Universités populaires & Cie. Par, Thibaut Isabel, né à Roubaix, en 1978, philosophe et historien des civilisations, rédacteur en chef de la revue de sciences humaines, Krisis, depuis 2003. Avec une préface du désormais incontournable, et parfois trop bavard, Michel Onfray, inventeur de l'université populaire de Caen. Voici une lecture que je recommande à tous ceux qui veulent aujourd'hui se mêler de politique, et particulièrement, aux amis de Jean-Luc Mélanchon, et, à toutes les victimes des promesses mégalomaniaques de Manu Macron. Surtout, ne vous dites pas : Proudhon, c'est casse-tête ! Vous allez découvrir une immense quantité d'informations nécessaires, comme le fait que Karl Marx détestait Proudhon, et qu'il lui fit la guerre autant que possible. Vous allez me dire, mais l'Anarchie... Au XIXe siècle, on ne cultivait pas le désordre, donc l'anarchie n'est pas synonyme de désordre de « rejet du pouvoir », comme l'indique son étymologie grecque. L'anarchie, selon une formule célèbre de Proudhon, c'est donc « l'ordre sans le pouvoir ». Un idéal ! Vous serez surpris, à chaque page, par la pensée de Proudhon. Il considérait que la bonté humaine n'était qu'une chimère. Il croyait qu'il fallait gérer les vices et les vertus de notre espèce. Quelle lucidité ! Il s'attacha à la définition des concepts de propriété et de concurrence. Il déclarait : «  La concurrence, dans son expression supérieure, est l'engrenage au moyen duquel, les travailleurs se servent réciproquement d'excitation et de soutien. » Proudhon s'opposa légitimement aux Monopoles qui sont décrits de nos jours, comme l'ultime progrès économique. Quelle blague ! Proudhon écrivait déjà : « Les monopoles les plus puissants n'étaient pas assez concurrentiels pour revêtir un caractère international et la concurrence étrangère constituait une menace pour leur développement. Aujourd'hui, la taille de ces monopoles a grandi et, devenus de véritables ogres, ils veulent se lancer à la conquête des marchés extérieurs, mais on voit bien que l'établissement des barrières douanières répond en certains cas à des impératifs capitalistes. » Proudhon était contre les douanes : « Les douanes n'ont, de toute façon, pas vocation à protéger les intérêts d'un pays contre un autre, en empêchant certaines importations qui seraient pourtant utiles à la population, au nom des bénéfices du patronat local. » Il est indispensable de relire Proudhon, ennemi définitif de la dictature du prolétariat espérée par Marx et les marxistes, comme Lénine, Staline et Mao. Proudhon fut franc-maçon, ceci ne l'empêchait pas de penser, et d'écrire : « Je pense à Dieu depuis que j'existe, et ne reconnais à personne plus qu'à moi le droit d'en parler. » Mes compliments vont à Thibault Isabel. Quelle ouverture d'esprit ! Le cadeau le plus intelligent du moment ! Broché. 176 p. Format : 20,5 x 13 cm. 18,50€.