Ariel Koba – Un certain regard / Maison Magenta

Venu sur le tard à la peinture, il y a une vingtaine d’années, le peintre Ariel Koba est autodidacte. Il se nourrit de l’observation de Picasso, Modigliani, Buffet ou De Staël. Néanmoins, il n’en fait qu’à sa tête, comme ça vient, tel un enfant. Avec apparemment une heureuse facilité. Nulle formation ne contraint sa créativité. Ne déclare-t-il pas : " je vis ma vie comme on se promène le long des rivières."
Né d’un père aristocrate, catholique intransigeant et d’une très jeune mère roumaine, juive et tsigane, le jeune Ariel quitte rapidement le foyer familial. Il va exercer de multiples métiers : ferrailleur, restaurateur, gérant de discothèque, comédien, doubleur de cinéma, musicien, créateur et animateur de radio libres, antiquaire. L’expérience de cette vie riche et mouvementée a sans doute influé sur sa peinture. Des portraits pas si simplistes. La fixité des regards baissés incarne la réflexion intérieure de figures livrées à une méditation intime.
Ariel Koba peint à l’acrylique sur la base d’un fond noir sur lequel il fait monter ses couleurs par juxtapositions, raclures et griffures. Ce sont majoritairement des portraits de femmes au graphisme sobre. Des couleurs franches, tranchées. Mon préféré, le plus simple : un visage émerge, noyé dans un incandescent fond jaune de chrome. C’est d’ailleurs cette peinture que Mana Le Courtois a choisie pour le carton d’invitation.
Une autre composition assemble des éléments peints sur des éléments géométriques en relief. L’artiste établit un dialogue entre détails humains et polygones. Résultat efficace. Autant de raisons de voir cette exposition dans ce séduisant écrin qu’est la Maison Magenta.
Ariel Koba Un certain regard. Jusqu’au 25 avril 2026. Antiquités – Galerie Maison Magenta. 17 place Maréchal Lyautey. Lyon 6e. www.maisonmagenta.com
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


