Lincoln Tragédie / Presses de la Cité

Karen Joy Fowler revient sur la scène littéraire avec Lincoln Tragédie, succès critique et international. Elle est lauréate du PEN/Faulkner Award et nominée pour le Man Booker Prize pour Nos années sauvages (Les Presses de la Cité, 2016). Elle a signé cinq autres romans et trois recueils de poésie.
Karen Joy Fowler dresse ici le portrait de John Wilkes, mais pas seulement. C’est aussi celui de sa famille, celui de son père Junius Brutus Booth, célèbre acteur shakespearien et celui de l’histoire complexe des Etats-Unis dans un moment particulièrement tragique. Karen Joy Fowler, grande plume américaine, dans ce texte puissamment documenté livre une analyse psychologique des protagonistes. Deux des fils de John Wilkes, Edwin et John embrasseront la carrière théâtrale, mais c’est le benjamin John qui fera entrer le nom de Booth dans l’Histoire en assassinant de manière spectaculaire le président Lincoln en 1865, au moment où la guerre de Sécession faisait rage.
Ce grand roman débute en 1822, où l’étrange famille Booth s'installe dans une cabane isolée près de Baltimore. Junius Brutus Booth a fui l'Angleterre suite aux accusations de bigamie. Il a entraîné dans son exil Mary Ann, sa jeune maîtresse, à qui il a promis l'aventure et la liberté. Dix enfants illégitimes y naîtront – six seulement survivront. La famille Booth est progressiste mais l’esclavage existe encore et divise. Les enfants Booth grandissent dans la semi-pauvreté, apprenant le dur travail de la ferme avec leur mère. Leur père, de son côté, voyage pour jouer Shakespeare. Il leur envoie parfois de l’argent s’il ne l’a pas dépensé en boisson.
"On n’échappe pas à l’histoire" déclarait Abraham Lincoln. Ce livre en est la preuve éclatante. Entre histoire, croisée de plusieurs destins et liens familiaux passés au crible. Une lecture conseillée.
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. Broché. Format : 23 x 14 cm. 528 p. 25€
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


