Le Douanier Rousseau / Larousse

Un album de cette formidable collection didactique des éditions Larousse, en relation avec l’actualité des expositions à Paris.
Rousseau un mystère ? Sa vie même, et sa manière de peindre. C’est le regard d’un singulier, à commencer par La Guerre, tableau peint en 1984 qui figure au musée d’Orsay. Le Douanier Rousseau (1844-1910) est inclassable : naïf, symboliste, primitif, surréaliste, d’avant-garde ? Les avis sont multiples et fluctuants. Son œuvre est sujette à tant d’appréciations différentes quant à sa signification. Les auteurs Johann Protais et Éloi Rousseau s’attachent à en étudier la poétique et l’origine de sa manière à travers les éléments de sa vie.
Enfant de la petite bourgeoisie de province, Le Douanier Rousseu connaît une vocation tardive à l’approche de la quarantaine, qui l’endettera plutôt qu’elle ne l’enrichira. Dans les années 1880, il rencontre des artistes et participe à des salons pour un accueil mitigé. De fins observateurs sont cependant convaincus par l’étrangeté de sa peinture : Alfred Jarry, Wilhelm Uhde, Guillaume Apollinaire, Robert et Sonia Delaunay… Les années 1890 marquent sa véritable entrée dans le monde de l’art. Passé de la misère et de la mévente de ses œuvres à la reconnaissance, quoique tardive. Il est peu à peu reconnu comme un novateur hors normes.
Des portraits aux jungles, du réel au rêve, c’est une œuvre étrange et poétique. Pour ses paysages tropicaux il s’inspire de photographies et de gravures et laisse courir son imagination. Comme le Facteur Cheval, il n’a jamais voyagé.
Les auteurs notent que malgré la disparition d’une centaine d’œuvres du Douanier Rousseau, perdues ou détruites, les 150 toiles du peintre, qui nous sont parvenues, témoignent de la grande diversité des sujets qu’il a abordés tout au long de sa carrière.
En ce qui concerne l’héritage et la postérité du Douanier Rousseau. Quelle ironie ! Sa seule exposition personnelle de son vivant, organisée en 1907, par Wilhelm Uhde avait tourné au fiasco en raison de l’oubli de l’adresse sur le carton d’invitation. C’est une exposition après son décès qui lui vaudra une célébrité inattendue. Un an après sa mort en 1911, s’ouvrit une rétrospective d’une quarantaine de ses peintures au Salon des Indépendants, qui l’avait boudé. Cocasse, non ?
Autre titre d’actualité de la collection par les mêmes auteurs, Auguste Renoir, en relation avec l’exposition au musée d’Orsay : Auguste Renoir, La modernité heureuse (1865-1885). Jusqu’au 19 juillet 2026.
Exposition à l’Orangerie, Paris en collaboration avec la Fondation Barnes : Henri Rousseau, l’ambition de la peinture. Jusqu’au 20 juillet 2026. Nombreuses illustrations en pleine page. Avec des repères chronologiques. Relié. Couverture cartonnée. Format : 19 x 23,5 cm. 128 p. 14,95€. Qui dit mieux ?
Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com


