Pop graffiti. Jo di Bona / Alternatives

Jeudi, 23 Mai, 2024 - 12:20

Le street artist Jo di Bona raconte son parcours fulgurant

L'art urbain est très tendance aujourd'hui. Les galeries fleurissent. Il y a peu on poursuivait les graffeurs en justice. Aujourd'hui cette expression urbaine, déviée de son support originel, est adaptée sur toile et entre dans les intérieurs bourgeois.

10 ans de carrière. Jo di Bona fait le point dans ce beau livre. Il a attrapé le virus du tag et du graff à l'âge de 13 ans. Il couvre les murs du nom d'Anoze. Ses années de collège catastrophiques, sont en déclin au fur et à mesure qu'augmente sa découverte de la culture hip-hop et ses sorties nocturnes. Au lycée les rencontres l'encouragent. Nestor avec qui il confronte ses travaux, sur stretch book puis dans la rue. Ensuite Nestor lui présente Lek. Ensemble ils créent les VF et correspondent avec des graffeurs du monde entier. A cette époque la période est à la lutte anti-graffitis.

Madame Laks sa professeure d'histoire de l'art et d'arts plastiques lui fait prendre conscience que les murs ont vécu avant lui et que sa peinture recouvre des couches de vie. Ce sera déterminant pour la suite de son travail.

Jo di Bona a deux passions le graffiti et la musique à laquelle il se voue à fond. A 37 ans, après douze ans avec son groupe et un échec final, il va devoir choisir sa direction. Le passage du musicien au plasticien s'opère. Amélie rencontrée en 2011 sera le fil déclencheur en redécouvrant tous ses dessins. Elle devient sa compagne, sa muse, son agent. Après sa mère, Claudie Laks et Amélie, c'est l'organisatrice d'événements autour du street art, Lisa Larsonneur qui en 2013 qui va exposer ses toiles lors de la deuxième édition du festival d'art urbain à Aulnay-sous-Bois. Tout est désormais possible pour le petit gars du 93. Les prix, les expositions, les invitations à des festivals et les commandes s'enchainent.

Mélangeant pop art etgraffiti Jo di Bona puise ses influences dans ses années rock et son passé de graffeur. Se souvenant des réflexions de Claudie Laks, il combine portraits de gens célèbres ou d'inconnus avec graphisme d'affiches lacérées, et développe peu à peu son style. Colorées et vibrantes elles dégagent un formidable énergie sur des murs de plus en plus grands. Une vision commune les unit Amélie et lui jusqu'à monter un festival d'art urbain – MurMurs, en 2019. Le binôme fonctionne à fond. Ses créations débutées sur les murs de la banlieue parisienne se poursuit aux quatre coins du monde. Dans la rue comme en atelier, la technique est la même : une association de graffiti à la bombe et de collage d'affiches, qui seront déchirées, dans une gamme chromatique très vive.

Relié. Couverture cartonnée. Format : 20 x 25 cm. 176 p. 28€.

Paule Martigny / Mémoire des Arts – blog-des-arts.com